Au fil du temps

La commune de Saint André de Fontenay est devenue Saint André sur Orne par le décret présidentiel du 4 décembre 1911. Le territoire de St André semble avoir été habité dès le VIe siècle avant JC et probablement bien avant, par des populations venues des régions Danubiennes.

L’abbaye St Etienne, l’une des plus anciennes de la région, a été créée à l’initiative de Raoul 1er TAISSON entre 1025 et 1050. Elle étendra sa richesse par des défrichements ou par des donations, dont celle qui suit la mort au combat, en 1054, de Raoul GROSSET, petit seigneur d’Etavaux. La Guerre de Cent ans, le vandalisme lié aux guerres de religions entraîne progressivement l’abandon des bâtiments. C’est donc un domaine délabré qui est vendu comme bien national, en 1793, à un bourgeois Caennais. Durant cette période, la mise en place du régime seigneurial, le développement de l’exploitation du sol permettent la création de riches domaines, tel celui organisé au XVIIe siècle, dans le hameau du Val des Moulins, par Jacques de Baillehache.

 

Au début du XIXe, Saint André compte environ 400 habitants. Parmi les 90 électeurs de la commune, on dénombre 21 journaliers et domestiques, 15 ouvriers du bâtiment, 12 hommes employés par les divers artisanats (cordonniers, toiliers…). Les quatre moulins embauchent 12 personnes. 11 cultivateurs ou propriétaires et quelques boutiquiers (boulangers, croquetiers et bouchers) complètent cette liste. Parmi les métiers exercés par les femmes, on trouve principalement les dentelières et quelques fileuses, couturières et blanchisseuses.

En 1821, on recense 131 individus imposés à la contribution foncière, seulement 8 d’entre eux détiennent plus de la moitié du revenu cadastral, alors que les 2/3 les moins imposés ne possèdent que 9% de la superficie. Malgré cette hiérarchie sociale très tranchée, les habitants de Saint André se montrent calmes et dociles.

Le 31 janvier 1827, Etavaux est rattaché à Saint André par ordonnance royale. Charles-Victor RICHARD de la FAVERIE est élu maire en 1827 succédant ainsi à son père après 25 ans à la tête de la commune. Il démissionnera en 1874. Cette période est marquée par les disettes. Ainsi en 1855, la municipalité vote une imposition exceptionnelle afin de financer un Atelier communal qui fournira un maigre revenu aux plus déshérités en les employant à l’empierrement des chemins communaux. Les pouvoirs administratifs soutiennent le développement des chemins, en particulier celui de grande communication de Bourguébus à Evrecy par le bac de Saint André. Ce dernier , seul moyen de franchir l’Orne, est dans un état qui laisse à désirer. En 1849, le Préfet est averti que le bac tombe en ruine et « fait eau de toute part ». On le répare alors avec économie en attendant l’ouverture du pont dont la construction est prévue. En 1865, le GC 63, devenu CD89 connait un trafic particulièrement dense : 145 colliers par jour. En 1860, la liaison ferroviaire Caen-Laval est déclarée d’utilité publique. La voie Caen-Berjou est ouverte en 1873. Saint André en profite puisqu’une gare, situé sur le territoire de Feuguerolles mais très proche, est construite.

La période de 1850 à 1880 voit le déclin de la dentellerie qui entraine le chômage des femmes. On passe ainsi de 160 dentellières en 1856 à seulement 11 en 1886. Le volume de l’emploi est globalement réduit de 40%. L’exode se développe et le nombre d’habitants fluctue fortement passant de 467 en 1872 à 394 en 1876. La population se renouvelle avec de nouveaux arrivants venant de Mayenne (56 personnes), de la Manche (23) et de Bretagne (25).

A partir de 1896, la population croît à nouveau en raison de l’industrialisation, en particulier l’extension des Carrières et la création d’une fabrique de tuiles et briques fournissent des emplois : 33 en 1896, 78 en 1926. L’extraction du minerai de fer commence en 1893 par la Société des Mines de Saint André. L’extraction annuelle dépasse le 30 000 T en 1910 pour atteindre près de 90 000 T en 1913. La mine est mise sous séquestre en 1914 en raison de son actionnariat allemand. La production recommence à croître à partir de 1921 pour atteindre 190 000 T en 1936. Durant cette période, le village rural change de visage. Le nombre de maison passe de 115 en 1901 à 162 en 1936. A l’ancienne et unique rue de l’Eglise s’ajoutent progressivement les rues de la Vallée, des Pauvres, du Minerai puis les cités Renault et Valette. Le conseil municipal demande le rattachement au réseau téléphonique départemental en 1912 et décide l’électrification des voies publiques en juin 1913. Le projet d’une nouvelle école est discuté en 1930. Les recettes de la commune évoluent en conséquence : 7 500 F en 1910, 110 000 F en 1938.

La présence ouvrière accrue se traduit dans la composition du conseil municipal. Louis Moitoiret, comptable à la mine est élu conseiller en 1919 et succède au Maire Pierre Olivier en 1929. Les premiers immigrés s’installent à partir de 1920. Ce sont principalement des Espagnols (70%) et des Italiens 13%.

En 1946, le nombre d’habitants est tombé à 442 et la reconstruction s’effectue lentement mais l’accroissement de la population reprend à un rythme soutenu : 674 habitants en 1954, 1000 en 1968. L’activité minière, véritable moteur économique de la commune cessera à la fin des années 60. La commune prend alors un caractère plus résidentiel où les classes moyennes affluent.